Plateformes de rédaction Web, un passage obligatoire ?

Débuter en rédaction web grâce aux plateformes

Quand on débute, en tant que rédacteur ou rédactrice web, je crois qu’on passe tous par la case « plateformes de rédaction web ». À ma connaissance, un rédac’ freelance ne commence pas par une autre branche du métier. Faciles à trouver, permettant de travailler presque tout de suite, et très séduisantes sur le papier, les plateformes sont ultra-plébiscitées par les clients et les professionnels de la rédaction… Quand ils sont débutants (les premiers, comme les seconds).

Mais est-ce vraiment un passage obligatoire ? Est-ce que ça apporte quelque chose en tant que rédacteur ? Je vous donne mon avis.

 

Qu’est-ce qu’une plateforme de rédaction web ?

Rapidement avant de dérouler, car il y a peut-être des débutants qui veulent savoir dans quoi ils s’embarquent. Les plateformes sont nombreuses, la plupart du temps, on va vous en citer une ou deux, mais en réalité, vous en avez une multitude, parfois appartenant à la même personne. Les plus connues sont :

  • textmaster
  • scribeur
  • greatcontent
  • redactiweb
  • textbroker
  • etc

Et les plateformes non-exclusives à la rédaction :

  • soumettre
  • codeur
  • hopwork
  • etc

 
 
Elles ont une chose en commun : le principe de centralisation.

Vous vous inscrivez dessus, et vous répondez à des annonces de rédaction (ou des clients vous contactent directement), et c’est la structure qui vous verse l’argent qu’elle aura récolté (moins sa commission). Eh oui, la première chose qu’on apprend en tant que freelance est bien que « l’ubérisation » n’est pas un mythe et que la plupart des acteurs du numérique cherche surtout à nous ferrer dans des structures très hiérarchisées.

 

S’inscrire sur une plateforme de rédaction Web

Il faut savoir que pour ce faire, vous devez la plupart du temps, avoir un numéro de SIRET, c’est-à-dire être au moins dans un statut d’Auto-Entrepreneur.

Ensuite, on va vous faire passer un test de rédaction, pour déterminer si vous avez le niveau de base, mais aussi pour savoir si vous êtes un rédacteur « prestation aux ras-des-pâquerettes » ou « prestation premium ». Naturellement, plus vous êtes haut, plus vous allez gagner des centimes aux 100 mots.

 

Trouver des missions facilement

Le fait de ne pas avoir à chercher ses clients, d’avoir « juste » à s’inscrire est ce qui séduit quand on débute en rédaction Web. On est épaulé dans le démarrage de son activité, et comme on ne connaît généralement personne, avoir tout de suite des propositions, sans effort, est clairement un avantage.

La plateforme, c’est l’assurance, pour peu que l’on y travaille pas trop mal, d’avoir tout le temps des missions. Mais à quel prix… ?

 

Les tarifs des plateformes de rédaction Web

Ceux qui me suivent depuis trois ans savent que je me suis illustrée à de nombreuses reprises dans une lutte farouche contre l’ubérisation de la profession, et que je n’hésite pas à titrer sec contre les tarifs excessivement bas. Si vous n’avez pas froid aux yeux, vous pouvez toujours lire la version -18 de ce que je pense réellement des tarifs low-cost en rédaction Web et du mal qu’ils font au métier.

Alors, concrètement, est-ce que travailler avec (pour ?) des plateformes de rédaction Web, ça paie ? Non. Sur PressEnter, dans « Les trésors du capitaine Ipsum » (Episode 8 de la série : « La voie du Rédacteur Web »), je déroulais un certain nombre de références pour aider à fixer ses tarifs en tant que rédacteur. Et je reviendrai bientôt avec un article dédié à cela.

En attendant, sachez que la moyenne des prix des plateformes se situe à 4/5€ pour 100 mots, là où un rédacteur normal va plutôt osciller entre 8 et 15€ les 100 mots.

 

Apprendre le métier

Les plateformes ne sont pas valorisantes. Ni financièrement, ni moralement. On va justifier les prix bas en vous disant qu’après tout, on ne vous demande pas grand-chose.

Alors pourquoi quand même s’y inscrire ? Pour apprendre. Je suis passée par cette case. Et je peux vous dire qu’après six (huit ?) mois à y bosser, j’en ai énormément retiré.

Déjà, vous dérouillez votre plume en direct. Comme vous faites du kilo, et que tout le monde se fiche de vos états d’âme d’auteur sur le retour, vous apprenez à écrire peu importe le sujet et la circonstance. Les lieux communs fusent, c’est comme ça que vous en venez à une écriture de remplissage qui peu, soyons francs, vous rapporter « beaucoup ».

Vous allez apprendre sur vous-mêmes, sur votre seuil de résistance, sur votre passion – ou non, de ce métier, sur le milieu en général, sur la mentalité, les clients, les bases du SEO… Bref, c’est le bac-à-sable indispensable. Les premiers niveaux.

Pour les plus littéraires, c’est dur. Je ne vous le cache pas. Mais s’il y a un moyen de savoir si on est fait pour la rédaction web ou non, c’est bien celui-ci : voir l’un de ses pires aspects. Et voir si on tient la distance. Croyez-moi, ça forge.

Alors, foncez, apprenez, mais gardez en tête que ce n’est pas une fin, juste un début.

 

Vous êtes déjà passés par là, ou vous hésitez ? Parlons-en dans les commentaires, si vous avez une question, posez-la !
 
 
Image à la une d’après une photo de Bank Phrom

5 réactions sur “ Plateformes de rédaction Web, un passage obligatoire ? ”

  1. Ping Rédacteur débutant - Mieux rédiger sur le web, apprendre les techniques Bleu For You – Voyage et rédaction web

  2. Laurent

    Merci pour cet article Camille !

    J’ai tout d’abord découvert ton blog PressEnter, puis j’ai naturellement dérivé sur Achronique (au passage, je trouve tes sites splendides, et Achronique tellement ergonomique), et enfin j’atterris ici, le dernier en date de ton triptyque.

    Je dois t’avouer que j’ai vraiment accroché au ton outrancier et provoc’ de PressEnter. C’est un ton qui me parle et me plaît. Et puis, j’ai découvert ta passion plus littéraire pour l’écriture de nouvelles/romans. Et là, je m’y retrouve encore plus.

    J’ai eu mon premier PC à l’âge de 14 ans et j’ai écrit mes premières nouvelles et mon premier roman dans la foulée. Je le fais pour le plaisir, mais si j’ai une passion indéfectible, c’est bien celle-là…

    Et puis, à force d’être usé par le salariat, las de me lever pour faire un métier qui ne me convient pas, j’ai commencé à chercher sérieusement un moyen de gagner ma vie grâce à la prose. Après quelques jours de recherche, le métier de Rédacteur web m’a semblé tout indiqué et correspondre à ce qu’il me faut pour me libérer de ce carcan salarial (esclavagiste ?).

    J’ai bossé le SEO, j’ai lu des dizaines d’articles de blog et me suis inscrit sur Texbroker il y a tout juste une semaine. Deux jours plus tard, j’étais accepté en tant qu’auteur quatre étoiles. Et comme tu le dis, la rémunération n’est pas dingue, mais n’ayant aucun contact ni expérience client, c’est un bon tutoriel on va dire.

    Ton article me parle, et, avouons-le, j’adore ton style ! C’est fluide, clair, il y a du caractère, bref, je ne vais pas plus en dire, mais t’as compris l’idée. Donc merci 🙂

    Merci pour tes conseils, mais également, car tu m’inspires beaucoup, par tes trois sites et ton parcours. C’est un peu le Graal pour moi d’arriver là où tu en es. J’aimerais avoir l’occasion d’en discuter avec toi, même si je doute que tu aies le temps, tant les requêtes de ce genre doivent être nombreuses 😀

    En tout cas, je te félicite pour tes trois sites, ton parcours, et je vais régulièrement lire PressEnter et Achronique, car, putain, ça me plaît 😉

    Ps : désolé pour le commentaire-fleuve :/

  3. Camille Auteur Article

    Salut Laurent !

    Pour commencer : ne sois jamais désolé pour un commentaire-fleuve. C’est un espace de discussion et de liberté qui tend à disparaître (non, non, j’aime à croire qu’il n’a pas totalement disparu), donc aimons-le 😀

    Merci beaucoup pour cette envolée de compliments lus un lundi (on devrait toujours commencer la semaine comme ça, je le crois), surtout pour l’ergonomie des sites. Bien que je n’y sois pour pas grand chose (si ce n’est les idées, sans doute ?) car, Achronique et PressEnter sont le fruit du taff de David Legrand sur des thèmes existants, je suis bien contente que ces sites fonctionnent toujours tant sur la navigation que sur le visuel. Même si… Avouons que je dois m’attaquer à la durée de chargement de PressEnter, c’est plus possible !!
    Enfin, sur les questions de style, merci une nouvelle fois, j’espère que les nouvelles sur Achronique ont pu te plaire.

    Je comprends ton parcours, il y a un besoin à un moment donné de faire quelque chose de plus “intellectuel”, de plus “créatif”. Même si – souvent – tu te diras que ça ne vole finalement pas haut les exigences liées au métier. Mine de rien, même quand j’en ai marre, même quand je me dis que vraiment, j’prends trop les lecteurs (ou les bots) pour des cons, je préfère encore ça que tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici. Simplement parce qu'”au moins, j’écris”. Étrange, non ?
    Bref, le début va être à la fois passionnant et agaçant. Je te conseille d’en bouffer un peu, avant de switcher sur des plateformes plus haut de gamme comme soumettre.fr ou Hopwork (qui s’appelle je sais plus quoi maintenant)… Et, si le coeur t’en dit, de rejoindre un groupe Facebook de rédac’, tu y verras des infos et des discussions/polémiques/autres passer. On y croise des débutants et des confirmés, et globalement, je crois que cela aide beaucoup les gens. ( https://www.facebook.com/groups/1547612368602851/)

    Du reste, je suis totalement ouverte pour en parler, tu peux me trouver ici, via mon mail, via twitter… N’hésite pas, je ne pense pas que mon parcours soit particulier (comme tu le verras dans le groupe très sûrement), mais j’en parlerai avec grand plaisir (attends, on parle de moi, donc…).
    Le temps, je le prends, il faut toujours le prendre. Tant pis si ça décale le “quota de super promos et autres fiches de la mort qui tue”, j’avoue que ne serait-ce qu’aujourd’hui j’ai un lundi chargé, mais… J’étais déjà en retard vendredi, alors… !

    Merci encore, et à très vite 🙂

  4. Laurent

    Aaaah… une réponse-fleuve à un commentaire-fleuve, suis-je dans un rêve ? 😀

    Tes premiers mots sont comme un cocon de velours où mes yeux peuvent s’abandonner : cela fait du bien à lire, c’est clairement mon ressenti et lorsque je tombe sur quelqu’un qui prend autant de plaisir que moi à communiquer de la sorte, ça me met du baume au cœur.

    Ok bon, je digresse. Cela me fait plaisir si mon commentaire a pu égayer ton lundi matin et te faire attaquer la semaine sur une bonne note, car c’est également pour moi ce qu’a provoqué la lecture de tes sites.
    Merci de m’avoir communiqué le nom de David, si, à terme, je voulais avoir un site, un blog ou une bibliothèque numérique comme Achronique, je saurais qui contacter !

    Concernant ton sentiment de prendre les lecteurs pour des cons, je vois ce que tu veux dire. J’ai déjà épluché une bonne centaine de commandes (pas acceptées, hein) et je vois ce qu’il en ressort généralement. L’écriture au service du business, faisant fi du réel pouvoir et de la portée émotionnelle des mots, préférant jongler avec eux pour caresser des bots dans le sens du poil.

    Mais, cela reste de l’écriture, et comme toi, je pense que malgré que ça ne doit pas être tout le temps facile, il nous reste cette passion au fond, qui permet de recharger les batteries et retourner au front le cœur léger 🙂

    J’aurais bien aimé en savoir un peu plus sur ton parcours, mais ce n’est peut-être pas forcément le lieu adéquat et je devrais plutôt t’envoyer un mail.

    Dans tous les cas, merci pour ces infos, ces conseils, et surtout merci pour ta longue réponse qui m’a fait chaud au cœur 😀

  5. Camille Auteur Article

    Bonne question, apparemment tu fais des nocturnes en ce moment 😀

    A propos du boulot, il faut savoir que les plateformes ne font que du remplissage, que du texte à jeter en pâture aux bots. C’est assez rare qu’il en soit autrement (ou alors, on commence à aller chez soumettre et Hopwork), et comme de façon générale le texte n’a de valeur en France que s’il a gagné un Goncourt (que tout le monde fait semblant de respecter, d’ailleurs), ce n’est pas le métier le plus valorisant… Au début. Non seulement on prend le lecteur pour un con, mais quand on ne lui refuse pas le droit de lire quelque chose d’intéressant/intelligent, ou que l’infantilise pas, on va le culpabiliser. Mais ça, je crois que ça relève plus de notre modèle sociétal.

    Je te conseil de te blinder en tant que plume, de dissocier complètement les deux, sinon, la pointe va se briser. Alors certes, ça se taille (je ne m’en lasse pas de cette expression), mais c’est une opération qui demande beaucoup justement, et qu’on n’arrive pas toujours à faire quand on n’en peut plus de ce métier. C’est rarement exprimé, mais il y a un moment douloureux dans le milieu que, je crois, pratiquement tous ont pu vivre. On n’en parle juste pas, mais c’est parce qu’il ne faut plus parler de choses “négatives”, il faut penser printemps.

    Pour te répondre rapidement sur mon parcours, je n’ai pas grand chose de plus à dire que dans les deux bios (celle de PressEnter ou ici). En fin de compte, il reste très classique : une série de concours de circonstances, des opportunités, des rencontres… Et puis “voilà” (à dire avec l’accent anglais).
    Mais n’hésite pas si tu as des questions particulières, mon mail t’es grand ouvert !

    A bientôt, du coup ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *