Pourquoi les réseaux sociaux sont vos ennemis

Les mauvaises pratiques des Réseaux Sociaux

Derrière ce clickbait assumé, je veux poser une problématique que les entreprises et les freelances rencontrent : le mauvais usage des réseaux sociaux. En ciblant mal la plateforme, en communiquant mal dessus, trop, pas assez ; de nombreuses marques se plantent et perdent temps et chiffre d’affaires considérables.

Devenus à la mode avec l’inbound marketing et les gros lancements en bourse, les réseaux sociaux sont une marotte inévitable des consultants. Mais plutôt que de vous en vanter les mérites, je vais vous proposer ses écueils.

 

Choisir un réseau plutôt qu’un autre, parce que tout le monde y est

Lancer sa marque sur le Web, c’est aussi la diffuser sur les réseaux, pour créer du lien, faire son auto-promo, avoir les retours de ses clients…

Alors on regarde ce que fait la concurrence, et là, on commence à faire pareil. Pêle-mêle on fourre dans notre boîte à marketing les url des plateformes, un peu comme si on était au supermarché de la publicité. Sans trop comprendre de quoi on parle, on consomme, on lance des campagnes partout, on investit plus que de raison, et six mois plus tard, on fait une réu’ d’urgence avec un expert pour lui dire « qu’on ne comprend pas, on a tout fait comme il fallait, mais ça marche pas. »

Normal. Prendre le premier lien qu’on nous donne en oubliant la question fondamentale, c’est se tromper à tous les coups.

La question ? « Où est ma cible ? »

 

Communiquer, c’est parler à quelqu’un

Vous êtes vendeur de voitures et votre concurrent, qui fait aussi des rollers, a tendance à faire sa promo lors du Pro Bowl Contest, qui rassemble les pros du ride. Est-ce que vous allez vous y pointer pour crier que vos voitures sont superbes ? J’espère que non.

Eh bien les réseaux sociaux, c’est exactement la même chose : si votre cible n’est pas sur Facebook… Ne perdez pas de temps dessus ! C’est tout. C’est aussi simple que cela.

 

« Ctrl+c/Ctrl+v » je ne fais pas preuve de créativité

Bien, vous avez sélectionné vos RS, et puis là, vous commencez à envoyer l’auto-promo. Étrangement, ça prend sur Twitter, mais pas sur LinkedIn… Incompréhensible…

Ah bon ? Depuis quand on dit les mêmes choses en réunion et au bar du coin… ? Vous ne pouvez pas copier/coller vos contenus et les placarder partout. D’une part parce que les formats d’image et de partage ne sont pas les mêmes, mais également parce que chaque RS a sa spécificité*.

Chaque plateforme offre l’opportunité de créer un contenu unique, calibré pour la cible qui s’y trouve, et pour son canal de communication.

 

Est-ce que ça veut dire qu’on ne peut pas automatiser ?

Non, non, rassurez-vous. Vous pouvez. Mais il faut le faire intelligemment, et cela demande de ne pas passer à côté du point qui suit.

 

Ce n’est pas un OneFirmShow

Votre compte est là pour faire de la publicité, nous sommes bien d’accord. Mais il est surtout là pour créer un lien et une communauté avec vos prospects et le public en général. Tout automatiser, par exemple, sans jamais jeter un œil, ni répondre aux gens, c’est prendre le risque d’être rapidement délaissé.

Qui a envie de parler à un bot ? D’accord, si on met à part la montée des chatbots, j’entends.

Le fait est qu’entreprises et freelances ont cette fâcheuse tendance à faire du monologue dans leur coin. Là où il peut être extrêmement performant de savoir répondre aux gens…

Dans cet exemple, on voit que rapidement en dessous, la communauté commence à parler et à accueillir la personne. Qu’en retire-t-elle ? Une excellente expérience, le sentiment d’avoir une marque à son écoute, et peut-être même d’appartenir à une culture à part entière.

 

Il ne s’agit pas non plus de tailler la bavette

Et c’est le troisième piège que je constate assez souvent. En tant que Freelance, la tentation de passer plus de temps à sympathiser sur les Réseaux Sociaux qu’à réellement prospecter, ou à créer du contenu est grande. Idem pour les entreprises au travers de leurs CM qui finissent toujours par se croire un peu trop à l’aise et à faire de grosses erreurs de communication.

Gü et son erreur de communication - Fail CM
Source : Fail de CM

Le risque est non seulement de perdre trop de temps sans ROI à babiller, mais aussi de faire un faux-pas qui peut avoir des répercussions catastrophiques :

À l’époque des attentats de Charlie Hebdo, on avait vu de grosses erreurs de communication, notamment Gü qui avait été très mal perçue.

Téléstar fail attentats - CM
Source : Fail CM

Ou pire… TéléStar en gros clickbait de très très mauvais goût (l’un des pires que j’ai vus)…

 

Ici, ce sont des erreurs d’ajustement de communication, mais une fois bien à l’aise dans ses habitudes, il arrive qu’une marque ne sache plus où positionner le curseur de la communication informelle et…

Ne jamais perdre son objectif en vue

Marque ou Freelance, il s’agit de ne pas oublier la raison pour laquelle on communique.

Il faut que cela serve un but clairement établi. Les Réseaux Sociaux ne sont pas des outils magiques. Comme ils offrent justement une grande facilité pour communiquer avec beaucoup de monde à la fois, y aller au petit bonheur la chance a de plus grosses répercussions.

Que l’objectif soit de fédérer sur une image positive, négative, disruptive, peu importe ; il est nécessaire, comme pour un blog, de réfléchir en amont à sa stratégie éditoriale.

Le temps de l’amateurisme est passé, et avec une jeune génération maîtrisant incroyablement les codes du digital, et avec la profusion des communications corporates, il est impossible de se pointer avec une vieille image faite sous paint, et une punchline à la papa. Il faut donc prendre les réseaux sociaux au sérieux, et cela passe par reconnaître leurs faiblesses et leurs forces pour soutenir une idée. Sans dogmatisme, ni émotivité.

En clair : être lucide face à ce qui est un outil que l’on domine, et non l’inverse.

 

 

 

*Du moins… Jusqu’à ce qu’ils ne se mettent à se copier honteusement les uns et les autres, n’est-ce pas Twitter, Facebook et LinkedIn ? On n’vous dérange pas trop, là ?

Image à la une d’après une photo d’Erik Lucatero

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